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Le début

Comment cette histoire a commencé, et pourquoi ce livre n’est pas un manuel d’entraînement.

4 min · 694 mots

Un jour, après une course, j’ai publié sur Facebook une photo de moi avec ma médaille de finisher. J’expliquais que, si l’on lisait les consignes de préparation au marathon et qu’on les suivait, ça finissait par marcher. Dans les commentaires, mon ami Denis m’a demandé : « Quelles consignes ? » Je pensais lui répondre en quelques lignes sur l’augmentation, puis la réduction de la charge avant une course. Ensuite, je me suis dit que c’était un peu court : il fallait aussi parler du kilométrage hebdomadaire. Et des zones de fréquence cardiaque, qui m’avaient bien aidé. Quelques mots sur la cadence aussi… J’avais lu plusieurs livres et une foule d’articles, essayé de mettre tout ça en pratique et cherché à comprendre ce que chaque petit réglage changeait vraiment. Je me suis donc dit qu’à la fin de l’année, je prendrais le temps de raconter tout cela. Ça pourrait servir à quelqu’un. Finalement, ça a donné un peu plus qu’une publication.

Ce sont mes observations personnelles, mon regard sur mes réussites et mes erreurs, pas des conseils. Voilà comment cela s’est passé pour moi. Ce que cela donnera pour vous, je n’en sais rien. J’espère simplement que vous prendrez plaisir à me lire et que vous trouverez, vous aussi, votre propre manière de prendre plaisir à courir.

J’ai appelé ce livre « Année courdingue ». Courir, dingue : le mot résume assez bien la situation. À un moment, la course à pied a cessé de tenir dans la case « entraînement ». Elle s’est glissée dans mes habitudes, mes projets, mes voyages et mes conversations. Ce livre raconte ce qui en est sorti.

Attention, je dévoile la fin : ce qui m’est arrivé

À une époque, je pesais 89 kg pour 1,80 m. Je n’arrivais même pas à courir 1 km sans m’arrêter. Et mon odeur naturelle n’avait rien d’un parfum de luxe.

Puis je me suis mis à courir et les choses se sont améliorées. Je suis descendu à 82 kg, j’ai terminé un marathon, soit 42,2 km, en un peu moins de quatre heures et, dans l’ensemble, j’étais assez content de moi.

À 45 ans, je me suis mis à prendre la course plus au sérieux. Au cours de cette année-là, je suis descendu à 72 kg, ma masse grasse ne dépassait pas 8 % et j’ai couru un marathon en 3 h 12.

Voici comment j’en suis arrivé là.

Comment tout a commencé

Quelques années auparavant, j’avais traversé les États-Unis avec mon ami Alex. Nous avions loué une voiture pour aller de l’Atlantique au Pacifique : Washington, Miami, La Nouvelle-Orléans, le Colorado, l’Arizona, Las Vegas, puis Los Angeles. Beaucoup de types rêvent d’un voyage pareil. Nous, on l’a fait. C’était une aventure formidable. Le soir, nous buvions des bières dans les bars du coin. Le matin, Alex allait courir. Puis nous reprenions la route pour la journée.

Je lui ai demandé : « Pourquoi tu cours ? » Il m’a répondu que cela lui faisait découvrir les villes autrement. En courant, on voit plus de choses qu’un touriste qui flâne à pied, et plus qu’un automobiliste qui reste sur les grands axes. On voit le laitier livrer son lait, les habitants partir au travail. On découvre les rues piétonnes, les plages et les parcs, pas seulement les parkings et les monuments incontournables. On voit un tas de choses !

L’idée m’a paru bonne, et j’ai couru mes cinq premiers kilomètres. C’était près du lac Powell. Il faisait chaud, nous étions entourés d’un désert poussiéreux, et ma sortie a été un désastre. J’avais mal partout, j’avançais à une allure ridicule et je soufflais comme un bœuf. J’ai donc immédiatement laissé tomber.

Mais, de retour à la maison, j’ai acheté des chaussures Nike. Leur publicité me plaisait, tout simplement. Et puisque j’avais les chaussures, j’ai téléchargé l’application Nike Run Club. Petit à petit, j’y ai pris goût. C’est ainsi que je suis devenu coureur et fidèle de la chapelle Nike.

Pendant quelque temps, pourtant, il ne s’est rien passé de particulièrement intéressant.

Je courais de temps à autre. J’ai terminé un semi-marathon, puis un marathon, puis un deuxième. Avec des résultats franchement moyens.